Par Valérie Darveau

L’auteure de ce texte est finissante au baccalauréat en journalisme à l’Université du Québec à Montréal

 

C’est l’été. Enfin.

L’orage violent de cette nuit m’aura volé quelques heures de sommeil, à vous aussi peut-être. Les premiers coups de tonnerre m’ont arraché quelques sursauts. Puis, en étoile sous les couvertures, j’attendais que ça passe, sursautant un peu moins à chaque grondement.

Hier soir, assemblée extraordinaire des membres de l’École de la Montagne Rouge sur un penthouse rue René-Lévesque. Hashtag la belle vie, qu’on s’est dit nous autres aussi.

On jasait de nos plans d’été personnels, de ce qui adviendrait de ce projet qu’on avait porté, parfois lourdement, pendant ces 16 semaines. On en est venu à un consensus général d’assèchement : à sec d’argent pour payer le loyer, à sec d’énergie pour certains, à sec de colère pour d’autres. Comme si tous les affronts subis dans les dernières semaines par les bouffons qu’on appelle de façon absurde un gouvernement nous avait tout tiré jusqu’à la dernière goutte : plus de rage, plus de découragement, juste un drôle de goût amer qui reste en bouche. On appelle ça le défaitisme, je crois.

Si on avait su dans quoi on s’embarquait.

La neige de février a fait place à la gadoue du mois de mars, puis aux faux espoirs d’avril, et aux lilas de mai.

Seize semaines, c’est ce que ça aura pris pour voir enfin les beaux jours arriver, les casseroles se sont faites tardives ce printemps. Elles sont finalement sorties, et c’est ce qu’on attendait : la chaleur, les jambes nues, les balcons, ce moment où la lutte deviendrait populaire, pour vrai.

Provoquer un orage pour finalement attendre que les coups de tonnerre passent en regardant le plafond, ou se remplir de l’électricité ambiante pour les faire gronder encore plus fort.

Faites gronder vos casseroles, les beaux jours arrivent.